Festival de Salzbourg 2019.
ÉPOUSTOUFLANT
26 août 2019
Festival de Salzbourg : Haus für Mozart
Jacques Offenbach : Orphée aux Enfers
Anne Sofie von Otter (L’Opinion publique) Max Hopp (John Styx) Kathryn Lewek (Eurydice) Joel Prieto (Orphée) Marcel Beekman (Aristée/Pluton) Nadine Weissmann (Cupidon) Lea Desandre (Vénus) Martin Winkler (Jupiter) Frances Pappas (Junon) Rafal Pawnuk (Mars) Vasilisa Berzhanskaya (Diane) Peter Renz (Mercure)
Barrie Kosky (mise en scène) Rufus Didwiszus (décors) Victoria Behr (costumes) Otto Pichler (chorégraphie) David Davelius (chef des chœurs) Wiener Philharmoniker, Enrique Mazzola (direction musicale).

Pour fêter dignement le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach, le Festival avait choisi de représenter Orphée aux Enfers dans une version mélangeant celle de la création de 1858 et celle de la reprise de 1874. Cette œuvre de pure fantaisie parodie avec talent la mythologie grecque au point que certains critiques de l’époque dénoncèrent un sacrilège ! La mise en scène de Barrie Kosky est époustouflante, émaillée d’épisodes dansés frénétiques ne laissant aucun temps mort. La trame du livret est respectée avec dialogues en allemand, airs et chœurs en français. L’ambiance festive est maintenue sous tension du début à la fin. Les costumes chatoyants des dieux les caricaturent avec goût et chaque tableau se termine sur une chorégraphie endiablée. Et la plus endiablée de toutes est celle de la scène finale, french-cancan oblige ! Un comédien, Max Hopp, commente les évènements tout en assumant le rôle de John Styx, alors que Anne Sofie von Otter imprime de sa forte personnalité le rôle de l’Opinion publique. Faute de ne pouvoir citer tous les chanteurs, très impliqués, on retiendra Kathryn Lewek, soprano colorature affirmée incarnant une truculente Eurydice. Jacques Offenbach n’a certainement jamais entendu sa partition orchestrale avec autant de perfection que par le Wiener Philharmoniker sous la baguette de Enrique Mazzola.
Pierre Iung
Photo : Monika Ritterhaus