{"version":"1.0","provider_name":"[PREPROD] Accent 4","provider_url":"https:\/\/accent4.com\/preprod","author_name":"Laurent Genvo","author_url":"https:\/\/accent4.com\/preprod\/author\/laurent-genvo\/","title":"Norma \u00e0 Strasbourg, gagnez vos places ! &#8211; [PREPROD] Accent 4","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"vep6GCcxSx\"><a href=\"https:\/\/accent4.com\/preprod\/norma-a-strasbourg-gagnez-vos-places-9753\/\">Norma \u00e0 Strasbourg, gagnez vos places !<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/accent4.com\/preprod\/norma-a-strasbourg-gagnez-vos-places-9753\/embed\/#?secret=vep6GCcxSx\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Norma \u00e0 Strasbourg, gagnez vos places !\u00a0\u00bb &#8212; [PREPROD] Accent 4\" data-secret=\"vep6GCcxSx\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/accent4.com\/preprod\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/accent4.com\/preprod\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dsf1700hdweb.jpg","thumbnail_width":1500,"thumbnail_height":1000,"description":"Apr\u00e8s trente-cinq ans d\u2019absence, ce chef-d\u2019\u0153uvre embl\u00e9matique du r\u00e9pertoire italien retrouve enfin l\u2019affiche de l\u2019Op\u00e9ra national du Rhin dans une nouvelle mise en sc\u00e8ne sign\u00e9e Marie-Eve Signeyrole. La mezzo-soprano fran\u00e7aise Karine Deshayes y fait ses d\u00e9buts sc\u00e9niques dans le r\u00f4le-titre, aux c\u00f4t\u00e9s de Benedetta Torre (Adalgisa), Norman Reinhardt (Pollione) et \u00d6nay K\u00f6se (Oroveso), plac\u00e9s sous la direction du chef italien Andrea Sanguineti \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Orchestre symphonique de Mulhouse.L\u2019attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est normagp_1345livretweb-1024x683.jpg.(C) - Klara BeckC'est complet ! Mais...votre radio vous a r\u00e9serv\u00e9 des places ! Nous sommes en cinquante avant J\u00e9sus-Christ. Toute la Gaule est occup\u00e9e par les romains\u2026 Toute ? Non ! Un village peupl\u00e9 d\u2019irr\u00e9ductibles gaulois r\u00e9siste encore et toujours \u00e0 l\u2019envahisseur\u2026 C\u2019est ici que nous faisons connaissance avec notre h\u00e9ro\u00efne, Norma, fille du chef des druides Oroveso, druidesse elle aussi, menant son peuple \u00e0 la lutte contre l\u2019ennemi romain.Mais avant de nous plonger dans la partition et le livret de ce chef d\u2019\u0153uvre belcantiste, remontons aux origines de Norma.Tom Heinrich raconte - Le podcast Le jeune Vincenzo Bellini, n\u00e9 en Sicile en 1801 (\u00e0 Catane plus pr\u00e9cis\u00e9ment), d\u00e9die sa vie \u00e0 la composition tr\u00e8s t\u00f4t, et se sp\u00e9cialisera dans le genre alors le plus en vue : l\u2019op\u00e9ra.Alors \u00e2g\u00e9 de 23 ans, encore \u00e9tudiant au conservatoire San Sebastiano de Naples, Bellini fait sa premi\u00e8re tentative lyrique au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1825 et pr\u00e9sente l\u2019opera semiseria en trois actes Adelson e Salvini. Fort du petit succ\u00e8s que sa pi\u00e8ce obtient, on lui commande imm\u00e9diatement un second op\u00e9ra : Bianca e Fernando\u00b8 qui sera un succ\u00e8s, et place le compositeur dans une situation avantageuse.Mais toute bonne situation n\u2019est d\u2019abord que le fruit de rencontres, et Bellini n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette r\u00e8gle, puisqu\u2019avec la rencontre du librettiste Felice Romani la chance sourit encore plus au jeune compositeur. Maintenant presque exclusivement associ\u00e9 \u00e0 Romani, Bellini poursuit son ascension fulgurante : le 27 octobre 1827, le Teatro alla Scala pr\u00e9sente Il Pirata, et le triomphe est imm\u00e9diat. Deux ann\u00e9es plus tard, La Straniera triomphe elle aussi, suivi de I Capuleti e i Montecchi. Les th\u00e9\u00e2tres de Milan et Venise, qui suivent de pr\u00e8s la carri\u00e8re de Bellini, lui passent alors commande de deux ouvrages. Le contrat, qui atteint la somme astronomique de 12 000 lires (qui permettent au compositeur de vivre uniquement de la composition), est sign\u00e9 en 1830 : le premier ouvrage est destin\u00e9 aux f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e 1831, le second sera pour le carnaval 1832.Apr\u00e8s avoir h\u00e9sit\u00e9 avec un Ernani d\u2019apr\u00e8s la pi\u00e8ce Victor Hugo, le sujet de l\u2019op\u00e9ra est choisi le 23 juillet 1831 : ce sera La Norma, d\u2019apr\u00e8s la trag\u00e9die en cinq actes Norma, ou l\u2019Infanticide d\u2019Alexandre Soumet, cr\u00e9\u00e9e le 6 avril de la m\u00eame ann\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on de Paris. S\u2019inspirant d\u2019autres \u0153uvres en partie de sa plume, Felice Romani donne une premi\u00e8re partie du livret le 31 ao\u00fbt, et Bellini se met imm\u00e9diatement au travail press\u00e9 par le contrat, tant et si bien que la partition est achev\u00e9e en novembre. Les r\u00e9p\u00e9titions commencent le 5 d\u00e9cembre et vont se d\u00e9rouler tr\u00e8s rapidement, mais non sans accrocs. Bellini, qui n\u2019a pas pu engager son t\u00e9nor favori, Giovanni Battista Rubini, se contente de Domenico Donzelli. A cette frustration s\u2019ajoute la pression de devoir pr\u00e9senter l\u2019\u0153uvre avant la fin d\u2019ann\u00e9e, il faut en effet respecter le contrat\u2026 les chanteurs, \u00e9puis\u00e9s, m\u00eame malades, r\u00e9p\u00e8tent encore le deuxi\u00e8me acte le jour m\u00eame de la premi\u00e8re !Sans conteste l\u2019air le plus connu de toute la production de Bellini, la cavatine \u00ab Casta Diva \u00bbet la cabalette qui suit, popularis\u00e9e par Maria Callas n'a bien failli ne jamais \u00eatre entendue par le public : parmi le lot d\u2019accrocs des r\u00e9p\u00e9titions, Giuditta Pasta, la cr\u00e9atrice du r\u00f4le-titre, n\u2019\u00e9tait pas certaine d\u2019avoir la capacit\u00e9 de pouvoir interpr\u00e9ter l\u2019air. Elle demanda des modifications au compositeur, si ce n\u2019est pas l\u2019abandon pur et simple de l\u2019air. Bellini, qui selon la l\u00e9gende avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit huit versions diff\u00e9rentes de l\u2019air, mettra une semaine \u00e0 convaincre la cantatrice de garder cet air dans la partition et se r\u00e9signera \u00e0 l\u2019abaisser d\u2019un ton, passant de sol majeur \u00e0 fa majeur. Cela n\u2019enl\u00e8vera rien \u00e0 la difficult\u00e9 du r\u00f4le, un des plus redoutable du r\u00e9pertoire, qui demande \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 son interpr\u00e8te : cela n\u2019est que le reflet de la psychologie complexe du personnage de ce terrible livret, que Schopenhauer qualifiera de \u00ab trag\u00e9die parfaitement accomplie \u00bb.\u00ab fiasco, fiasco, grave fiasco ! \u00bbMais revenons quelques instants sur le livret ; nous sommes dans une Gaule occup\u00e9e par les arm\u00e9es romaines, et la druidesse Norma, dont le p\u00e8re Oroveso est le chef des druides et de la r\u00e9sistance gauloise, a bafou\u00e9 un double serment : elle sympathise avec l\u2019ennemi en la personne du proconsul romain Pollione, et aura avec lui deux enfants. Elle trahit ainsi son peuple en fr\u00e9quentant l\u2019ennemi en secret, mais aussi son dieu, Irminsul, puisqu\u2019elle brise son serment de chastet\u00e9. Cette trahison, aussi terrible qu\u2019elle soit, n\u2019en est pourtant qu\u2019une parmi d\u2019autres : Norma d\u00e9couvre que Pollione lui pr\u00e9f\u00e8re maintenant Adalgisa, une autre pr\u00eatresse, qui n\u2019est pas non plus insensible aux charmes de celui-ci. Folle de rage, elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 commettre l\u2019irr\u00e9parable : elle veut, pour se venger, assassiner les deux enfants n\u00e9s de cet amour interdit. L\u00e0 o\u00f9 Alexandre Soumet fait commettre \u00e0 Norma l\u2019irr\u00e9parable dans le dernier acte de sa trag\u00e9die en cinq actes, Felice Romani modifie la fin pour la rendre encore plus \u00e9difiante. Dans un acc\u00e8s de lucidit\u00e9 (si l\u2019on peut dire), Norma se ravise et d\u00e9cide de confier ses enfants \u00e0 Adalgisa. \u00c9mue, celle-ci renonce \u00e0 \u00e9pouser Pollione qui p\u00e9n\u00e8tre alors dans le temple sacr\u00e9 pour l\u2019enlever. C\u2019est tout naturellement qu\u2019il est fait prisonnier par les Gaulois et condamn\u00e9 \u00e0 mort. Norma va alors trouver son p\u00e8re pour lui avouer sa faute, et la sentence sera sans appel : la traitresse doit mourir sur le b\u00fbcher avec Pollione.Inutile de cacher que lors de la premi\u00e8re, le 26 d\u00e9cembre 1831, les attentes du public milanais sont immenses. Tous veulent d\u00e9couvrir le nouvel op\u00e9ra du compositeur en vue, et le public se presse aux portes du th\u00e9\u00e2tre\u2026 h\u00e9las, pour Bellini la soir\u00e9e ne se passe pas comme pr\u00e9vu. On raconte que son rival, le compositeur Giovanni Pacini et une de ses amies, avaient mont\u00e9 une cabale contre cette nouvelle Norma, et l\u2019\u0153uvre re\u00e7oit un accueil relativement froid. Ce qui est bien plus certain, c\u2019est que le compositeur ait pu se heurter \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hension du public en ayant voulu innover, en modifiant la structure m\u00eame de l\u2019op\u00e9ra : il remplace le finale du premier acte, traditionnellement une grande sc\u00e8ne chorale, par un trio entre Norma, Adalgisa et Pollione, et remplace le finale du second acte par une sc\u00e8ne d\u2019une grande force alternant ch\u0153urs et ensembles en lieu et place d\u2019un air de bravoure de l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Cette soir\u00e9e en demi-teinte lui fera d\u2019ailleurs \u00e9crire \u00e0 son ami Francesco Florimo que la premi\u00e8re fut un \u00ab fiasco, fiasco, grave fiasco ! \u00bb, mais le cygne de Catane a parl\u00e9 trop vite ! Quatre repr\u00e9sentations plus tard, les Milanais font un triomphe \u00e0 la Druidesse gauloise, qui se maintiendra pour trente-quatre repr\u00e9sentations.D\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante Norma est jou\u00e9e dans de nombreuses villes d\u2019Italie. Les ann\u00e9es qui suivent, le chef d\u2019\u0153uvre de Bellini s\u2019exporte dans toute l\u2019Europe, \u00e0 tel point qu\u2019un jeune chef allemand r\u00e9pondant au nom de Richard Wagner la dirige \u00e0 Riga en 1837, et il \u00e9crira m\u00eame pour Luigi Lablache, interpr\u00e8te d\u2019Oroveso, l\u2019air \u00ab Norma il predisse, O Druidi \u00bb en 1839. Richard Wagner, par ailleurs, notoirement connu pour \u00eatre un ardent d\u00e9fenseur de l\u2019art allemand qu\u2019il consid\u00e8re sup\u00e9rieur, \u00e9crira cependant que dans cette \u0153uvre: \"L\u2019action, qui \u00e9vite tout coup de th\u00e9\u00e2tre et tout effet facile, rappelle involontairement les modes de la trag\u00e9die grecque ; peut-\u00eatre l\u2019id\u00e9e avanc\u00e9e par Schiller dans sa pr\u00e9face \u00e0 La fianc\u00e9e de Messine \u2013 que l\u2019op\u00e9ra puisse faire revivre sur nos sc\u00e8nes la trag\u00e9die de l\u2019antiquit\u00e9 \u2013 serait confirm\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9coute de cette Norma.\" La France, Paris tout du moins dans un premier temps, n\u2019est pas en reste, et d\u00e9couvre Norma en d\u00e9cembre 1835 lors de repr\u00e9sentations exceptionnelles au Th\u00e9\u00e2tre Italien. Emile d'Arlhac, directeur du journal musical Le M\u00e9nestrel, \u00e9crira \u00e0 cette occasion : \"Depuis longtemps les journaux allemands et italiens nous avaient parl\u00e9 de cet op\u00e9ra, que Paris ne connaissait que de r\u00e9putation. Mais Paris, qui sanctionne toutes les renomm\u00e9es devait enfin appeler \u00e0 la barre cette lointaine partition, afin de confirmer ou d\u2019infirmer le jugement de l\u2019Allemagne et de l\u2019Italie.\"Sous ses airs franchement chauvins, cette critique rend cependant des honneurs m\u00e9rit\u00e9s \u00e0 cette belle partition, et la critique remarque \u00ab l\u2019introduction, la pri\u00e8re de la Druidesse, le trio final du premier acte, le duo des deux femmes au second, l'hymne guerrier des Gaulois et la sc\u00e8ne finale \u00bb et font le succ\u00e8s de l\u2019\u0153uvre.Il semble, quoi qu\u2019on en dise, que ce petit d\u00e9but promet, mais il faudra attendre 1839 pour que Norma triomphe v\u00e9ritablement en France. En octobre, le Th\u00e9\u00e2tre royal fran\u00e7ais de La Haye pr\u00e9sente \u00ab Norma, grand op\u00e9ra en trois actes, musique de Bellini, paroles imit\u00e9es de l\u2019italien et arrang\u00e9es pour la sc\u00e8ne fran\u00e7aise par Etienne Monnier \u00bb, et cette version s\u2019imposera sur tous les th\u00e9\u00e2tres fran\u00e7ais jusqu\u2019\u00e0 la fin du xixe si\u00e8cle. Comme \u00e0 son habitude, l\u2019adaptation fran\u00e7aise entraine son lot de modifications : la plus notable \u00e9tant que le premier acte est d\u00e9coup\u00e9 en deux afin d\u2019en obtenir trois actes. Pour ce faire, Etienne Monnier termine le premier acte apr\u00e8s le duo entre Adalgisa et Pollione, en ajoutant une cavatine tir\u00e9e du Alessandro nell\u2019Indie de Giovanni Pacini (la suite de l\u2019acte 1 devenant ainsi le second acte), et le dernier acte (inchang\u00e9) devenant le troisi\u00e8me.Tout paraissait ainsi r\u00e9uni pour que Norma s\u2019impose au r\u00e9pertoire des maisons d\u2019op\u00e9ra, certaines connaissant m\u00eame plusieurs cr\u00e9ations ! Strasbourg par exemple, conna\u00eetra d\u2019abord Norma en allemand en 1837, puis en italien l\u2019ann\u00e9e suivante, avant de conna\u00eetre la version fran\u00e7aise en trois actes d\u2019Etienne Monnier en 1841 !Mais il n\u2019en est rien cependant, et Norma tombe dans l\u2019oubli dans les ann\u00e9es 1890\u2026 Ce n\u2019est qu\u2019en 1927 que l\u2019\u0153uvre sera reprise \u00e0 New York apr\u00e8s y \u00eatre rest\u00e9 absente depuis 1892. Les reprises seront alors \u00e9pisodiques jusque dans les ann\u00e9es 40.Pour que l\u2019\u0153uvre retrouve ses lettres de noblesse, il faudra attendre la rencontre entre une interpr\u00e8te et le personnage \u00e0 incarner pour pouvoir assister \u00e0 la renaissance de Norma. Cette interpr\u00e8te ne sera autre que La Divina, la sublime Maria Callas, qui fera de ce r\u00f4le une de ses signatures, en parall\u00e8le de la Medea de Cherubini. Elle d\u00e9clarera, au sujet de son air le plus fameux, \u00ab Casta Diva \u00bb : [Il s\u2019agit d\u2019]un des airs les plus difficiles, non seulement \u00e0 cause de la beaut\u00e9 de son legato, mais parce que vous \u00eates vocalement tr\u00e8s expos\u00e9e. L\u2019air vient au d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra, alors que vous \u00eates encore contract\u00e9e. Maria CallasEntre sa prise de r\u00f4le \u00e0 Florence en 1948 et son retrait de la sc\u00e8ne en 1965, elle interpr\u00e8tera le r\u00f4le pr\u00e8s de cent fois sur toutes les plus grandes sc\u00e8nes du monde, ouvrant la voie aux plus grandes interpr\u00e8tes du xxe si\u00e8cle que sont Joan Sutherland, Edita Gruberov\u00e1 ou Montserrat Caball\u00e9, qui seront des r\u00e9f\u00e9rences dans l\u2019interpr\u00e9tation de ce r\u00f4le.D\u2019ailleurs, il est amusant de penser que c\u2019est peut-\u00eatre gr\u00e2ce \u00e0 Maria Callas que nous devons un des grands tubes de\u2026 Mireille Mathieu, puisque le refrain de \u00ab Mille Colombe \u00bb, \u00e9crite par le compositeur allemand Christian Bruhn, n\u2019est autre que les parties de ch\u0153ur du \u00ab Casta Diva \u00bb.Apr\u00e8s trente-cinq ans d\u2019absence en Alsace, cette nouvelle production de Norma \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra national du Rhin mise en sc\u00e8ne par Marie-Eve Signeyrole et dirig\u00e9e par Andrea Sanguinetti signe les d\u00e9buts sc\u00e9niques d\u2019une des plus grandes interpr\u00e8tes fran\u00e7aises de nos jours, Karine Deshayes, et qui sait\u2026 en cette saison qui a vu le centi\u00e8me anniversaire de la naissance de La Divina, peut-\u00eatre que son fant\u00f4me planera sur cette production."}